Une rose qui se meurt
Bonjour, mon nom est Rose. J'ai eu 17 ans il y a deux jours. Il y a deux jours, j'ai aussi appris que j'étais malade. Quand les médecins m'ont annoncé la nouvelle, je n'ai rien dit. Quand j'ai vu ma mère les yeux remplis de larmes, je n'ai rien dit. La seule information passée après celle-ci était le temps qu'il me restait à vivre: un an. Et voilà, cela fait deux jours que je suis enfermée dans ma chambre. Je ne mange plus, je ne dors plus et je ne pense plus. Mes parents ont eu beau essayer de me sortir de mon trou, rien n'a fait. Je n'ai aucune envie de sortir, non, pas encore.
Finalement deux jours plus tard, je me suis résolue a sortir, la faim m'y a bien forcée. Je suis descendue comme une voleuse dans la cuisine, j'ai attrapé une tranche de pain aux céréales et je suis repartie en courant jusque dans ma chambre.
Ma chambre n'est pas très grande, mais je ne pense pas qu'elle soit petite non plus. J'ai une grande baie vitrée au centre avec une vue sur la mer. J'y ai placé mon lit juste contre celle-ci, et la nuit, je regarde les étoiles avant de m'endormir. Juste a gauche, on trouve une commode noire qui provient de chez Ikea, je l'aime bien mais maman dit que je devrais la changer. A droite j'ai placé mon bureau presque collé a mes étagères. Il provient de chez un antiquaire. Je me rappelle que ce jour-là je suis restée plantée devant le magasin pendant deux heures avant que mes parents ne cèdent pour ce joli bureau en bois de chêne tout usé. Je l'avoue, c'était un gros caprice. Parlons de mes étagères : elle proviennent d'Ikea également et sont noires ; je les ai remplies petit à petit de livres. Peu importe la nature des livres, ils ont tous une place sur mes jolies petites étagères.
Arrivée dans ma chambre, je me laisse tomber sur mon lit deux places et m'enterre sous les draps avec ma tranche de pain dans les mains déjà entamée. Je la grignote très lentement à l'allure d'une petite souris. Pour finir, n'arrivant même pas à la moitié, je m'endors recroquevillée sur moi-même.
Je me réveille et il fait nuit; je jette un coup d'½il rapide à mon réveil : minuit pile et deux jours après mon escapade dans la cuisine... J'étire mes muscles tout engourdis, puis une envie pressante me vient, je me lève d'un bond et couru jusque dans la salle d'eau la plus proche. En sortant je croise ma mère qui me regarde d'un regard satisfait et me dit :
- Ha, la marmotte a fini d'hiberner?
- Très drôle, lui dis-je avec un de mes regards perçants.
Je retourne dans ma chambre sans prêter attention à ma mère mais je fais deux pas à peine et elle m'attrape le bras.
- Tu sais, ma puce, ça serait bien que tu retournes en cours maintenant.
- Je verrais.
Je la regarde et elle prends son air de chien battu. Je déteste quand elle fait ça, alors je lui dis que j'irai demain. Le lendemain je me rends au lycée d'un pas lent et las.
La journée s'est passée sans trop de difficulté, je me suis allongé sur le canapé à regarder, des feuilletons a l'eau rose...
***
Elle est arrivée et s'est jetée sur le canapé, je la connais bien, à tous les coups elle s'est endormie devant des feuilletons a l'eau rose. Plus je la regarde et plus les larmes montent, je n'arrive pas à imaginer. Ma petite fille, mon petit ange qui dans un an va partir... Elle ne vivra pas comme une adolescente normale, mais que puis-je faire pour elle ? Je me sens si impuissante face à cette maladie.